Québec Yachting - Le magazine nautique #1 au Québec!À la barre - Présentement en kisoque Vol. 32 - No 5 - Été 2009
 
Météo
Douanes

École de navigation

Gudie d'interprétation Lac Champlain
AMQ RPQ Nautisme Québec RPQ

 

 
  Vite que la neige disparaisse!

Les Narrows
Explore NY

Le lac Champlain est situé au coeur d'un sentier maritime intérieur qui s’étend de la rivière Hudson dans l’État de New York jusqu’à la rivière Richelieu au Québec, près de Montréal. Les Indiens abénakis l’appellent le lac Bitawbagw qui signifie « entre les lacs »; quant à eux, les Mohawks le surnomment Kanyatarakwá: ronte,  qui signifie « lac qui sert de porte d'entrée au pays ».
 
Les peuples autochtones ont utilisé le lac pendant des milliers d’années pour se déplacer, pratiquer la pêche et faire le commerce. Les armées européennes se sont battues afin d’en assurer le contrôle et les ouvriers américains ont creusé des canaux pour transporter les matières premières extraites de la vallée vers les marchés éloignés. Les premiers touristes américains y sont venus afin d’admirer ses somptueux paysages et y respirer de l’air pur.

Les Narrows du lac Champlain sont le reflet de tous les chapitres de l’histoire du lac, que ce soit les rochers imposants de Palisades qui recèlent les plus anciennes pierres de la vallée ou encore Split Rock qui a été un important site amérindien bien avant de jouer un rôle dans les traités internationaux. Des épaves nous rappellent partout qu’à l’époque, le transport s’effectuait entièrement par bateau.
 
Des kilomètres de littoral ont été préservés pour que nous puissions en bénéficier dans le futur. Nous vous présentons donc ce guide qui vous aidera à faire l’exploration d’endroits privilégiés et d’en apprendre davantage à propos de leur histoire.

Tout au long de votre exploration, nous vous rappelons de « ne pas laisser de traces », un principe que nous connaissons tous en matière de loisirs de plein air. Ne jetez pas vos détritus à l’eau. Disposez-en correctement! N'oubliez pas de nettoyer votre bateau pour empêcher la propagation des algues et autres envahisseurs aquatiques. Tous et toutes pourront ainsi continuer à bénéficier de la propreté et de la salubrité du lac!

Cette visite guidée commence et se termine à Westport, à Northwest Bay.

map

Northwest Bay : une transition du commerce aux loisirs

Il y a une vingtaine d’années, des barges transportant des produits pétroliers venaient dans la baie afin de décharger leur cargaison dans les réservoirs de la compagnie Mobil. Ces derniers étaient situés à proximité de l’actuelle rampe de mise à l’eau de l’État de New York. (A) Ces barges ont transporté de l’essence, du mazout et même du carburant d’avion vers les ports du lac Champlain, et ce, jusqu’au milieu des années 1980, alors que les camions ont pris la relève. Certains anciens résidents locaux s’ennuient encore du bruit sourd continu des moteurs des remorqueurs tirant lentement les barges le long du lac.

Un siècle plus tôt, Northwest Bay vivait une effervescence encore plus marquée durant l’Âge du fer du lac Champlain alors que deux fonderies étaient en opération à Westport. La haute qualité du minerai de fer, l’abondance d’arbres et l’accessibilité du transport sur l’eau ont contribué à faire de Champlain Valley le deuxième plus grand producteur de fonte du pays pendant presque tout le 19e siècle.

Le bâtiment au toit rouge de Furnace Point (B) représente le haut-fourneau de la compagnie Sisco. Celui-ci est demeuré en opération de 1847 à 1895. On y produisait de la fonte brute et des poutres de fer pur utilisées dans la construction.

Le minerai y était transporté à partir de Nichols Pond au moyen d’un ingénieux système fonctionnant par gravité. Le four fonctionnait au charbon et les barres de fonte étaient chargées sur des bateaux qui descendaient vers la rivière Hudson à partir du canal du lac Champlain, lequel a été achevé en 1823.

Toutes ces années de métallurgie ont laissé des traces de résidus de métal bleuté sur les rives. Furnace Point appartient désormais au Normandie Beach Club Resort, anciennement connu sous le nom de Camp Normandie, un camp international de vacances pour jeunes francophones et anglophones jusqu’en 1966, devenu maintenant un complexe de villégiature et de sports nautiques.

Un deuxième four était situé à l’endroit où se trouve actuellement le quai en béton du Westport Yacht Club (AA). Appelée familièrement, le « four à puddler », la compagnie Norway Furnace convertissait la fonte en fer forgé utilisé par les forgerons.

Les Narrows
Rampe publique de mise l’eau, Westport, NY
Les Narrows
Furnace Point, NY

« La côte nord »

En suivant les rives du côté de New York, à partir de Northwest Bay en se dirigeant vers le nord, on trouve plusieurs petits havres où les plaisanciers peuvent jeter l’ancre, dont Hunter Bay (C). Bien à l'abri, Partridge Harbor (D) offre sans aucun doute la meilleure protection contre les vents venant de toutes les directions. Quant à Rock Harbor (E), ce pittoresque endroit offre peu de protection. En 1790, on y exploitait un ferry pour se rendre à Bassin Harbor (XX) sur les rives du Vermont. Un autre ferry reliait Barber Point (F),  situé juste au sud de Northwest Bay à Arnold Bay (YY) au Vermont.
.
En 1985, le Vermont lançait un programme intitulé Lake Champlain’s Underwater Historic Preserve afin de protéger les épaves tout en offrant un accès raisonnable aux plongeurs sur les sites. Pour prévenir les dommages pouvant être causés lors de l'ancrage, les plongeurs doivent attacher leurs bateaux aux grosses bouées jaunes qui marquent l’emplacement des épaves. De plus, afin de pouvoir plonger sur ces sites, les plongeurs doivent s’enregistrer auprès des boutiques de plongée participantes et des marinas telles que la Marina de Westport. Un peu plus au nord de Rock Harbor, une bouée jaune (H) indique un autre site protégé depuis 1998 en vertu d’un programme établi par l’État de New York. L’épave du bateau à vapeur Champlain II se trouve à cet endroit, à environ 10 mètres au fond de l’eau. Une histoire raconte que le pilote, sous l'influence de la morphine qu’il prenait pour traiter ses problèmes de goutte, s'était endormi au gouvernail. Le bateau s'est alors échoué sur les fonds rocheux alors qu’il filait à toute allure. Tous les passagers en sont sortis sains et saufs en nageant jusqu’à la rive pendant que le bateau coulait lentement. Après plusieurs changements de nom, le restaurant situé à l’ancien chantier naval de la Essex Marina fut finalement appelé le Rudder Club en l’honneur de l’immense gouvernail du Champlain II qui occupe une place de choix dans la salle à manger.

Les Narrows
Rock Harbor, NY
Les Narrows
Barn Rock Harbor, NY

Barn Rock Harbor : une carrière abandonnée

Même s’il offre peu de protection contre les vagues en provenance du sud, Barn Rock Harbor (I) constitue un endroit très prisé par les plaisanciers. Son nom vient de l'immense rocher qui fait face à son entrée. On y voit parfois de jeunes téméraires qui sautent dans les eaux profondes au bas de la falaise haute de 23 mètres. Les profondeurs varient de 11 à 54 mètres tout près du bord.
 
Sur la gauche, à l'intérieur de la baie, on trouve les vestiges d’un ancien quai (J) qui servait pour une carrière. On peut voir encore de grands blocs au loin. Le granite était acheminé vers les barges à l’aide de chariots circulant sur des rails en utilisant un système de poulies munies de contrepoids. Le 15 janvier 1891, plusieurs travailleurs furent tués, incluant des membres de la famille du propriétaire, quand un chariot s’écrasa sur eux en raison de la glace qui s’était formée sur le câble de rétention, nuisant ainsi au système de freinage. La carrière fut alors fermée. L’épave d’un chaland se trouve toujours dans la baie.

La forêt sauvage de Split Rock Mountain
 
Entre Barn Rock et Split Rock, on trouve la plus vaste étendue de rives vierges du lac : un spectacle éblouissant!

Tout juste au nord de Barn Rock, de magnifiques falaises, connues sous le nom de Palisades (K), s’élèvent à plus de 30 mètres au-dessus du lac et plongent à au-delà de 42 mètres sous la surface de l'eau. Ces falaises abruptes sont recouvertes par endroits de lichen gris indigène qui y pousse depuis plus d’une centaine d’années. Des hirondelles nichent dans les crevasses que l’on trouve plus bas le long des parois rocheuses. Des taches striées se forment sur ces parois, causées par la pluie qui s’y infiltre lentement faisant ressortir la chaux du granite. Le sommet des Palisades constitue un endroit de prédilection pour la nidification de l’urubu à tête rouge, de l’aigle à tête blanche d'Amérique, du balbuzard pêcheur et du faucon pèlerin.

En continuant vers le nord, Snake Den Harbor (L) est un milieu propice pour le serpent à sonnette, également connu sous le nom de crotale des bois. Au cours du 19e siècle, les bateaux qui faisaient du remorquage dans cette immense baie cherchaient refuge à cet endroit à l’occasion lorsque les vents étaient trop forts. Des aigles à tête blanche se reposent souvent sur la crête de la montagne.

Dans la prochaine baie, Ore Bed Harbor (M), des cascades de roc descendent progressivement jusqu’à l’eau. Ces brisures spectaculaires de granit sont en fait des talus qui proviennent de l’exploitation d’une mine de fer dans les années 1860. Un village minier, constitué de maisons et d’un magasin, était situé au sommet de la montagne et un long escalier en bois descendait jusqu’au bord du lac. On trouve encore des vestiges archéologiques de l'époque de l'exploitation minière, autant sur le sol que sous l'eau.

De 1901 à 1902, au-dessus des rochers de Grog Harbor (MM), une mine de graphite florissait jusqu’à ce que le filon s’épuise. Elle fait maintenant partie de la zone protégée de la forêt sauvage de Split Rock appartenant à l'État de New York.

Les narrows
Palisades, NY

Split Rock : la frontière des Narrows

Split Rock (Q) marque l'extrémité nord des Narrows. Sur le plan géologique, il s’agit d’une fente abrupte dans une formation de granite s’étendant entre le continent et la pointe de terre qui s'avance dans Whallon Bay. Ce rocher, appelé zôbapská par les Abénakis, signifiant « rocher divisé en deux parties », est situé directement en face de Thompson's Point. Il fait partie d'une île appelée sizikwáimenahán, « île des serpents à sonnette », aussi appelée « rocher imagé » en raison de l’abondance de serpents qu’on y trouvait et la présence sur l’île d’un emplacement ressemblant à un serpent. Les Abénaquis, les Mohawks et les Mohicans ont longtemps parcouru cette partie du lac, mais des conflits entre ces communautés indigènes dans les années 1600 ont conduit les Européens à faire de Split Rock une frontière entre les peuples autochtones du fleuve Saint-Laurent et les Mohawks des vallées.  En 1713, le traité d'Utrecht, qui marqua la fin de la guerre menée par la reine Anne Stuart, proclamait que Split Rock séparait la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre.

Aux limites de Split Rock se trouvent deux phares (P). Le phare original a été construit en 1838 à un endroit choisi par Reuben Whallon, un membre du Parlement de cette époque. Le phare porte d’ailleurs son nom. Une tour octogonale de 12 mètres, faite de blocs de calcaire brut, a remplacé la première tour érigée en 1867. Celle-ci s’élevait à 30 mètres au-dessus du niveau du lac et on pouvait apercevoir sa lumière à 18 kilomètres à la ronde. Le phare a été mis hors service en 1928. La propriété fut ensuite vendue et on y a construit une maison qui existe encore aujourd'hui. Pendant plus de 70 ans, un phare automatique fixé au sommet d’une structure en acier a guidé les bateaux qui naviguaient la nuit. En 2002, dans le cadre d'un programme de restauration des phares du lac Champlain mis en place par la Garde côtière américaine, la tour de pierre fut remise en état et le phare fut allumé de nouveau.

Les Narrows
Split Rock, NY
Les Narrows
Les phares de Split Rock, NY

Le grand lac, ses frontières et la pêche

Au nord de Whallon Bay se trouve le hameau historique d’Essex, dans l’État de New York. Par temps clair, les îles Four Brothers sont visibles au centre du lac. Ces îles sont interdites d’accès au public et sont considérées comme un sanctuaire d’oiseaux. C’est aussi au nord du lac qu’on trouve l’endroit le plus profond, soit 128 mètres! Cela explique pourquoi Whallon Bay possède les eaux les plus froides pour la baignade. C’est également l’endroit favori des amateurs de pêche à la truite.
 
Sur le plan technique, la partie la plus profonde du lac détermine la frontière entre l’État de New York et celui du Vermont. La démarcation se trouve tout près des rives du lac. Cette situation a déjà causé des problèmes de juridiction quant aux permis de pêche délivrés par les deux États aux pêcheurs sportifs. À la suite de nombreuses années de pressions exercées par le public, les gouvernements limitrophes ont fini par délivrer des permis autorisant les résidents des deux États à pêcher partout sur le lac, à l’exception de quelques baies. Avec ses 1126 kilomètres carrés de surface et ses 587 kilomètres de littoral, le lac Champlain renferme plus de 80 espèces de poissons, dont 20 sont activement convoitées par les pêcheurs sportifs. Parmi les espèces les plus recherchées, on retrouve le touladi, la truite brune, la truite arc-en-ciel, la ouananiche, la perchaude, l’achigan à grande et à petite bouche, le grand brochet, le doré jaune et l'éperlan. Le lac accueille d’ailleurs plusieurs tournois de pêche tout au cours de l'année.

Les narrows
Travis Jeffords exhibant un touladi de 7 kg, pêché près de Split Rock.
(Photo : John Gereau)


Une ancienne voie navigable

Selon la tradition orale autochtone, le lac serait l’oeuvre d’un géant qui aurait découpé la vallée au fil du temps en repoussant les montagnes et rempli le tout d’eau. Les géologues ont déterminé que les formations rocheuses des monts Adirondacks datent de 1,9 milliard d'années alors que celles plus jeunes du Vermont se seraient formées il y a environ 400 millions d'années. Après la dernière glaciation, il y a environ 200 000 ans, la fonte des glaciers a provoqué une inondation de la vallée, formant un lac glaciaire, « le lac Vermont » à une altitude de 600 pieds. Quand le glacier s'est retiré vers le nord, un point de rupture s’est formé près de Fort Ann, New York, drainant le lac glaciaire à une altitude de 470 pieds. Peu à peu, le niveau du lac s’abaissa jusqu'à ce qu'il atteigne le niveau des terres basses du fleuve Saint-Laurent. L’eau de mer s’y infiltra, créant ainsi « la mer de Champlain » et faisant apparaître une abondance d’espèces marines et de mammifères  qui ont permis aux autochtones d’assurer leur subsistance. Pendant plus de 2000 ans, le continent s’est relevé graduellement faisant en sorte de former un lac d’eau douce il y a environ 10 000 ans.
 
Le sixième « Grand Lac » mesure 193 km de long sur 19 km à son point le plus large, près de Port Kent, New York. Les Narrows, quant à eux,sont larges de seulement 1,6 km. Situé à environ 29 mètres au-dessus du niveau de la mer, le lac Champlain coule vers le nord et se jette dans la rivière Richelieu, qui elle-même se jette dans le fleuve Saint-Laurent pour aboutir dans l'océan Atlantique.

Le long du littoral, on peut voir des traces blanchâtres qui indiquent le niveau atteint par les glaces lors de la fonte printanière. Au cours d’une année, le niveau du lac varie d’une hauteur de 2,4 mètres en fonction des précipitations de pluie et de neige, de la fonte des glaces, de la chaleur et de la direction des vents. En hiver, en l’absence de vent lorsque le lac gèle, ce dernier devient lisse comme un miroir et on peut voir le fond jusqu’à environ 3 mètres.

Durant l’époque coloniale, les peuples autochtones ont guidé les explorateurs européens sur le lac. En 1609, des Mohicans ont conduit Henry Hudson jusqu'à la Mahicannituk, « rivière des Mohicans », qui fut plus tard rebaptisée en son honneur « rivière Hudson ».
 
En juin 1609, une soixantaine d’Algonquins, de Hurons et de Montagnais conduisirent le Français Samuel de Champlain au lac pour les aider à faire la guerre aux Mohawks. Non seulement l’introduction des armes à feu européennes changea-t-elle la nature des affrontements intertribaux, mais aussi la venue de Champlain mena à un changement dans le nom du lac lui-même.

Vermont : Thompson's Point et Kingsland Bay

Le spectacle des montagnes de l’État de New York plongeant dans le lac contraste fortement avec celui du littoral parsemé de baies des Narrows du Vermont. En face de Split Rock se trouvent Garden Island (S) dans Converse Bay et Thompson's Point (T), au Vermont.

Thompson's Point était appelée kwazôwáapskák par les Abénakis, soit « là où se trouve le gros rocher ». Autrefois, des artisans abénaquis y fabriquaient de la poterie à l’aide d’argile. Pendant les années 1800, la famille Obomsawin qui habitait à cet endroit fabriquait des paniers, à partir d’éclisses de frêne noir, destinés à la vente aux touristes. Leurs descendants sont encore aujourd’hui d’habiles artisans qui ont perpétué cet art.

À cet endroit, on trouve une crevasse située à 30 mètres de profondeur qui attire les amateurs de plongée sous-marine et où on peut observer de nombreuses espèces indigènes de poissons. Plus loin, à 2,5 km au sud, se trouve Kingsland Bay (V). Le parc de l'État de Vermont, à l'abri dans cette baie, était, jusqu’à la fin des années 1960, un camp de vacances réservé aux jeunes filles.

Caché partiellement par les arbres à un endroit surélevé, juste au sud de Kingsland Bay, se trouve le domaine Keiser (U). Acheté par la Fondation David et Sylvia Keiser en 1970 en tant que résidence d'été, cette immense propriété a déjà abrité un terrain de golf. Les piliers de béton que l’on voit dans l'eau soutenaient un pont destiné aux golfeurs. Quant à David Keiser, ce dernier était un producteur de sucre prospère à Cuba avant la venue de Castro.

Les narrows
Le domaine Keiser, au Vermont

Diamond Island : le phare des Narrows

À l’ouest de Porter Bay (UU) au Vermont  et du site de Fort Cassin (O), Diamond Island (N) semble à peu près à mi-chemin entre les rives des États de New York et du Vermont. Le phare de Diamond Island constitue une aide précieuse pour ceux qui y naviguent la nuit. D’autres phares situés à Split Rock au nord et à Barber Point au sud sont également des aides précieuses à la navigation. Au cours des dernières années, l'île a été vendue par l'État du Vermont et son nouveau propriétaire y a construit un chalet.

Des bouées jaunes destinées aux plongeurs, près de Diamond Island, indiquent l'emplacement de deux épaves protégées en vertu d’un programme de préservation instauré par le Vermont. La bouée la plus proche de l'île marque l’emplacement de l’épave du Stone Boat,  une barge encore chargée de gros blocs de pierre. Avec le temps, celle-ci a été envahie par les moules zébrées. Une autre bouée, située au sud de l'île, indique la présence d’une des plus grosses épaves du lac Champlain, soit le schooner Water Witch. À l’origine un bateau à vapeur construit en 1832 à Fort Cassin (O) à l'embouchure d’Otter Creek, il a été converti en bateau à voile en 1836. Le Water Witch a servi pendant 30 ans au transport de marchandises jusqu'en avril 1866, alors que chargé de minerai de fer en provenance de Port Henry, il a sombré en raison d’un coup de vent en début de saison. Le capitaine Thomas Mock et sa famille ont alors été projetés dans les eaux glacées du lac. Le capitaine Edward Eaton de l’Essex les a tous sauvés, sauf la jeune Rosa, dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Les narrows
Diamond Island, VT

Otter Creek et Fort Cassin

Otter Creek, appelée wnegigwtegwiz par les Abénakis, « petite rivière aux loutres », coule en méandres le long des terres agricoles, des terrains de camping et de quelques petites marinas. Ses bas-fonds et ses pittoresques chutes d'eau limitent la navigation au-delà du bassin de Vergennes.

À l’est de Diamond Island, à l'embouchure d’Otter Creek, se trouve le site de Fort Cassin (O), construit pendant la Guerre de 1812. Une batterie constituée de sept canons protégeait alors le chantier naval temporaire du commodore Thomas MacDonough situé à 12 km en amont des chutes d’Otter Creek, à Vergennes. Les Britanniques tentèrent de bloquer l’accès à la rivière en mai 1814, mais ils comprirent qu'ils n'avaient pas assez d’hommes pour combattre sur le terrain et se retirèrent donc en moins de deux heures. MacDonough partit avec sa flotte vers le nord et remporta une victoire décisive sur les Britanniques lors de la Bataille de la baie de Plattsburgh, en septembre 1814. Il ne reste plus aucune trace du fort de nos jours.
 
Ethan Allen, le chef de guerre révolutionnaire des Green Mountain Boys du Vermont qui s’emparèrent de Fort Ticonderoga, avait fait la suggestion de nommer l’endroit « Vergennes » en l’honneur du ministre français aux Affaires étrangères, le comte de Vergennes, qui avait aidé les colons pendant la Révolution américaine et négocié le traité de Paris en 1783. Cette ville pittoresque, fondée en 1788, s'enorgueillit d'être « la plus petite ville des États-Unis ».

Vergennes était également le lieu de résidence du capitaine Philomena Dominique D'Ostiguy Daniels, la première femme au monde à devenir capitaine d’un bateau à vapeur. Lorsque son mari, alors capitaine de bateau à vapeur, mourut, cette femme plutôt petite et dynamique, toujours affublée de grands chapeaux victoriens, décida de reprendre en main les affaires familiales en agissant comme capitaine à bord du Victor et du Water Lilly lors de nombreux voyages à Westport.  Elle vécut de 1843 à 1929.

Les narrows
Le site de Fort Cassin, VT

Une réplique de la canonnière Philadelphia
 
Beaucoup de « camps » et de maisons de villégiature ont été construits sur les rives du lac en direction de Bassin Harbor Resort. Au nord de la baie, une réplique du Philadelphia (X), la célèbre canonnière de guerre, est ancrée près du Musée maritime du lac Champlain. À l’origine, le Philadelphia faisait partie d'une flotte commandée par Benedict Arnold lors de la Bataille de l'île Valcour, le 11 octobre 1776. Trente navires de guerre britanniques, avec 700 marins à bord, suivis par une troupe de 7000 soldats répartis dans plus de 400 bateaux, quittèrent Cumberland Head, au nord de Plattsburgh, dans le but de s’emparer des points stratégiques du lac Champlain et continuèrent jusqu’à la vallée de l'Hudson, semant ainsi la division au sein des colonies.

Arnold possédait une plus petite flotte comportant quatre bateaux qu’il avait ravis aux Britanniques, 12 canonnières et des galères construites à la hâte à Whitehall. Informé de l’avance de l’ennemi, il forma un blocus au sud de Plattsburgh, entre Valcour Island et la rive de l’État de New York. Après six heures de rudes combats, Arnold s’enfuit discrètement pendant la nuit en hissant les voiles en compagnie des autres navires qui lui restaient.

Les narrows
La réplique du Philadelphia filant à toutes voiles.

Les Britanniques vainquirent la flotte américaine deux jours plus tard, tout près de Split Rock. Arnold engagea un échange de coups de feu avec les Britanniques, puis voyant que la défaite était inéluctable, il ordonna d’échouer ses bateaux sur la rive et de les faire exploser. Quatre canonnières et son navire-amiral, le Congress, furent détruits et abandonnés à Ferris Bay, connue aujourd'hui sous le nom d’Arnold Bay (YY). Par la suite, il s’enfuit à pied avec la famille Ferris et 200 hommes en direction de Fort Ticonderoga. Cette histoire est racontée dans le roman historique Rabble In Arms, de Kenneth Roberts.

L’épave du Philadelphia, coulé lors de cette bataille, a été retirée des eaux de Valcour Bay en 1935. Exposée d’abord au bord du lac jusqu'au début des années 1960, elle a été transportée par la suite à Washington, DC, pour être exposée à nouveau au Smithsonian National Museum of American History.

Basin Harbor et le Musée maritime du lac Champlain
 
Le campus du Musée maritime du lac Champlain, situé à Basin Harbor (XX), est un lieu d’interprétation de l'histoire maritime et archéologique du lac. Les visiteurs ont l’occasion d’en apprendre davantage sur le lac Champlain et son histoire au moyen de tableaux interprétatifs, d’apprentissage interactif et de programmes audiovidéo. Le campus abrite également le Marine Research Institute, un organisme de réputation mondiale, qui a été créé en 2000 et voué à l’étude des ressources archéologiques et culturelles sous-marines, la préservation des artéfacts, la recherche historique et la vulgarisation.

Le Musée maritime du lac Champlain a récemment procédé, à son chantier naval de Burlington, à la construction d’une réplique pleine grandeur du schooner Lois McClure. Conçu à partir des mesures prises sur des bateaux semblables datant de 1862, le Lois McClure est devenu un véritable musée flottant. En 2005, cette goélette a visité la ville de New York via le lac Champlain et la rivière Hudson, empruntant la route tracée par de nombreuses goélettes de son époque.

Le Basin Harbor Club occupe la même superficie de forêt, de rochers et de rivages que le Musée maritime du lac Champlain. Cette station touristique privée, qui couvre 700 acres, est entourée de jardins splendides avec deux excellents restaurants, une piste d’atterrissage gazonnée, des courts de tennis, un kiosque de location de canots et de dériveurs, une plage et un terrain de golf de 18 trous. Quatre générations de la famille Beach ont exploité cette station pendant plus de 100 ans. Entre avril et octobre, de nombreux congrès d’entreprises s’y tiennent où les employés peuvent participer à des conférences et y relaxer en compagnie de leurs familles.

Les narrows
Basin Harbor, VT


En route vers le sud du lac

Au sud de Basin Harbor, à peine perceptible à la surface du lac, se trouve un rocher un peu sombre, connu sous le nom de Scotch Bonnet. Des résidences privées longent le littoral de Button Point et la pointe de Bay State Park (Y). Il vaut la peine de jeter un coup d’oeil du côté d’Arnold Bay (YY) lorsque l'on tourne pour traverser le lac à partir de Westport, New York.

Barber Point occupe la pointe sud de Northwest Bay. Le premier colon venu résider en permanence à Westport fut le major Hezekiah Barber, en 1785, en provenance du Connecticut. À proximité, ses descendants exploitent toujours le Barber Homestead RV Park. En 1873, on précéda à la construction du phare de Barber Point (F) à l’aide d’une tour et d’une lumière fixe. D’une hauteur de 25 mètres et visible à plus de 22 km, le phare est devenu un élément crucial pour la navigation, surtout pour les bateaux se dirigeant vers le nord, en indiquant un virage à tribord en direction des Narrows jusqu’au phare de Diamond Island. En 1935, le phare de Barber Point fut remplacé par une structure d’acier possédant un système lumineux automatisé. Toutefois, cette belle structure de pierre subsiste toujours et sert maintenant de résidence privée.
 
Camp Dudley (Z), le plus ancien camp de vacances destiné aux garçons au pays, est situé à Cole Bay, tout juste au sud de Barber Point et Young’s Bay (G). Depuis 1885, des jeunes de 10 à 15 ans de partout au pays et ailleurs dans le monde y viennent afin d’y faire du sport, de la randonnée, du canotage, de la natation, de la musique, des arts, du théâtre, et ce, dans une riche atmosphère de vie spirituelle non religieuse. Affilié au YMCA, le camp de vacances a pour devise « L’autre d’abord ». Les valeurs qui y sont véhiculées, telle la loyauté, perdurent jusqu’à l'âge adulte. Les jeunes sont bien encadrés et le camp est très fréquenté.

Les Narrows
Camp Dudley
Les Narrows
Le phare de Barber Point

Le « Grand Serpent »

Dans le monde entier, plusieurs traditions orales véhiculent l’idée de l’existence de créatures géantes issues du passé ou de monstres vivant sous l’eau qui survivraient encore aujourd’hui. Il y a la légende de Nessie, une énorme créature vivant dans les eaux du Loch Ness. Quant à eux, les résidents du lac Champlain ont leur propre version de cette créature qu’ils ont surnommée Champ.

Depuis des siècles, des résidents et des visiteurs ont rapporté avoir vu cette mystérieuse créature dans le lac. Selon le folklore amérindien, les Iroquois faisaient référence à ce monstre en l’appelant le « Grand Serpent cornu ».
 
Des écrits de Samuel de Champlain en 1609 parlent de la présence d'une sorte d’énorme créature vivant dans le lac Champlain : « Un monstre mesurant environ 6 mètres de long, large comme un tonneau et ressemblant à un serpent, dont la peau est si épaisse qu’un couteau ne peut la transpercer, avec une tête (semblable à celle d’un cheval) ayant un museau comme celui d'un sanglier et des dents capables de croquer un homme. » Champlain conclut que Champ devait être un carnivore compte tenu de sa taille, qu’il vivait dans les profondeurs et qu’il avait l’habitude de venir nager tout près de la surface.
 
Les autochtones, qui ont longtemps parcouru le lac, croient qu'il est extrêmement dangereux de provoquer ou de manquer de respect aux créatures aquatiques du lac, qu’elles soient réelles ou surnaturelles, au risque de se noyer.

Les narrows
« Champ rendant visite au phare de Split Rock », une illustration du caricaturiste Sid Couchey d'Essex, NY.

À la recherche de Champ

En 1977, Sandra Mansi photographia Champ près de St. Albans, au Vermont. Sa tête et son cou long de 2 mètres étaient visibles au-dessus de la surface de l’eau. Elle estimait que le corps devait mesurer 3 à 5 mètres de long. Finalement, après quatre années à se demander si oui ou non quelqu'un voudrait bien la croire, elle fit publier la photo dans le New York Times.

Joe Zarzynski, un enseignant du primaire en histoire de Saratoga Springs, NY, est parti à la recherche de Champ pendant 20 ans, lors de ses vacances d’été, entre 1975 et 1995. Il a procédé à des recherches majeures à la fin des années 80 à l’aide d’un sonar à balayage latéral et d’un robot sous-marin. Il a exposé des résultats de son travail de recherche à la marina de Westport. Il a aussi écrit un livre intitulé Champ: Beyond the Legend, maintenant épuisé.

Certains pensent que Champ serait un cousin des anciens dinosaures. D'autres croient qu'il pourrait être de la même famille que Nessie, le monstre du Loch Ness en Écosse. D’autres théories veulent que Champ soit un gros esturgeon, un poisson à écailles, ou peut-être même une grosse loutre d’eau douce. Toutefois, malgré toutes ces spéculations, personne ne s'entend vraiment sur ce qu’est véritablement Champ.

Joe Zarzynski estime que Champ est un plésiosaure, un reptile marin préhistorique possédant des nageoires, un long cou et une petite tête. Ces reptiles vivaient il y a 65 millions d'années. Certaines sources les décrivent avec des dents leur servant à manger les poissons. Toutefois, leur lourdeur et leur tête semblable à celle d’un cheval, avec les yeux disposés sur les côtés plutôt que dirigés droit devant, en feraient de piètres prédateurs. En outre, des fossiles trouvés en Angleterre et en Allemagne laissent croire que les plésiosaures étaient végétariens.
 

Le Dr Patricia Manley, géologue au Middlebury College, est catégorique : Champ n’existe pas! Elle fait valoir que l'âge du lac, soit 10 000 ans, contre 65 millions d'années (période où les plésiosaures ont existé), fait en sorte qu’il est totalement impossible que cette créature préhistorique, en l’occurrence Champ, existe.
 
Au milieu des années 1990, une équipe de la télévision japonaise s’est rendue au lac Champlain afin de procéder à une recherche documentaire filmée au sujet de Champ. Étant de grands fans de monstres (le film Godzilla en fait preuve), les Japonais n’ont pas lésiné dans leur projet d’exploration, soit le plus ambitieux jamais entrepris à ce jour.  Ils ont demandé à Jim Carroll de la marina de Westport d’organiser une flottille de 14 bateaux et les ont ensuite équipés de sonars et d’équipes de caméramans. Ils ont patrouillé le lac en décrivant une formation en « V » dans l'espoir d’obtenir des images de Champ. Une célèbre star du cinéma japonais faisait la narration de leur émission de deux heures, mais ils n’ont jamais réussi à capter des images de l'insaisissable créature.

Quelques rencontres avec Champ

Au fil des ans, on a pu retenir deux types d'observations à propos de Champ : l’une à propos de sa tête et de son cou; l’autre selon laquelle il aurait une ou deux bosses. La seconde est celle qui arrive généralement à l’heure du cocktail. À Mullen Bay (ZZ), au sud de Westport, de fréquentes observations ont conduit les gens à conclure que Champ mesurerait jusqu’à 6 mètres de long.
 
La famille Carroll (propriétaires et exploitants de la Marina de Westport depuis 1982) et leurs amis ont eu l’occasion de vivre plusieurs expériences directes avec Champ. Un jour, alors qu’il était âgé d’environ 14 ans, Jim Carroll faisait du ski nautique en compagnie de trois de ses amis. Le lac était calme et l’eau était lisse comme un miroir. Tout à coup, il vit quelque chose de gros qui nageait à côté de l'embarcation. Jim demanda au conducteur du bateau de ralentir et tous deux s’empressèrent de crier à leur ami toujours dans l’eau derrière le bateau : « Sors vite de l’eau et remonte dans le bateau! » Ils se sont hâtés ensuite de retourner au quai.
 
Une autre fois, une amie de la famille, âgée de 5 ans, jouait le long de la rive à Mullen Bay. Tout à coup, elle se mit à courir jusqu'à la maison et dit à sa mère : « Un cheval vient juste de nager vers moi! » Sa mère ignora sa remarque et la retourna à nouveau jouer dehors. Lorsque l'équipe japonaise de tournage est venue  sur les lieux, elle s’est rappelé l'incident. Ce « cheval » était-il vraiment Champ?

À une autre occasion, Jim et sa femme Gigi revenaient lentement en bateau d’Essex. C’était le soir, il faisait chaud et quelques traînées de nuages filtraient la lumière de la Lune. Soudain, à mi-chemin le long de la rive nord de Northwest Bay, Gigi aperçut quelque chose dans l'eau. Jim donna un coup de volant pour l'éviter, croyant qu’il pourrait s’agir d’un billot ou d’un arbre flottant! L’« objet » s’éloigna du bateau en nageant. Curieux, Jim fit demi-tour et se mit à le suivre. Au moment où son embarcation de 8,5 mètres arriva à l’endroit où il avait vu la créature, celle-ci plongea sous le bateau et ressorti de l’autre côté. En comparant Champ à la longueur de son bateau, Jim est d’avis que la créature mesurerait environ 6 mètres de long.
 
En 1982, la Chambre des représentants du Vermont a adopté une loi afin de protéger Champ en interdisant « le harcèlement » de la créature ou « tout acte volontaire entraînant des blessures ou la mort ». L'année suivante, les membres du Parlement et du Sénat de l'État de New York adoptaient une loi similaire afin de protéger Champ et d’« encourager le signalement de toute observation de créatures semblables ».  

Le transport en transition

Le lac Champlain a été une voie navigable pendant plus de 10 000 ans. La facilité de voyager sur le lac, en été comme en hiver, tout comme la présence d’abondantes ressources alimentaires, a fait de ce lac un couloir stratégique en matière de transport et de commerce ainsi qu’un territoire de pêche et un lieu d’habitation pour les peuples autochtones. Les colons britanniques et français ont été attirés par le lac pour les mêmes raisons. Canots faits d’écorce de bouleau, radeaux constitués de billots, chaloupes, navires de guerre, bateaux à vapeur, ferries à voile et à moteur, sloops, bateaux à voile, schooners et vedettes font tous partie du patrimoine historique du lac.

Le lac Champlain et ses communautés riveraines, telles que Westport, ont joué un rôle significatif en matière de transport régional jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1800, Westport servait de point de correspondance pour la région des Adirondacks avec un service de diligences pour se rendre, entre autres, à Elizabethtown.

Les familles américaines qui vivaient à bord des bateaux à voile transportaient des articles ménagers et des produits de base, en plus de transmettre les nouvelles partout autour du lac. Après 1823, on commença à transporter de la fonte brute sur le lac Champlain. Pendant une centaine d’années, les quais de Westport ont alors servi au trafic commercial. Les familles autochtones continuèrent à y voyager pour la pêche et la chasse ainsi que pour le commerce touristique.

La circulation sur le lac a ensuite changé lorsqu’on commença à organiser des excursions sur le lac pour de riches voyageurs. Il y avait alors des trains qui venaient jusqu’à Westport en 1875. Le bateau à vapeur Ticonderoga s’arrêtait régulièrement aux quais de Westport entre 1907 et 1917, lors de ses déplacements vers le nord et le sud, transportant des voyageurs et des marchandises. Avec l'avènement de l’automobile, le Ticonderoga commença à transporter des automobiles et servit ainsi de traversier. En 1924, Westport perdit l’exploitation du traversier au profit de Port Kent, ce qui augmenta considérablement le nombre de voitures transportées. Les résidents les plus âgées se rappellent encore leurs excursions sur le Ticonderoga ou son bateau jumeau, le Vermont III. Dans les années 1930, la navigation de plaisance est devenue l'activité dominante sur le lac. Le Ticonderoga a continué d’être en service sur le lac jusqu'en 1953. Il fut alors transporté au Shelburne Museum, dans le Vermont, où on procéda à sa restauration, tel qu’il était en 1923.

Westport, hier et d'aujourd'hui

Face à la Marina de Westport, le bâtiment à gauche avec ses pignons (CC), se trouve l'ancien Westport Yacht Club (AA). À son apogée dans les années 1920 et 1930, il a été considéré comme l’un des plus luxueux yachts clubs au pays en raison de la présence de la famille DuPont. Au fil des ans, il a servi de résidence privée et il est maintenant un
restaurant public.

Le très beau parc à flanc de colline que l’on peut admirer entre le Yacht Club et la Marina de Westport s’appelle Ballard Park. Il fut autrefois le site du prestigieux Westport Inn, une station touristique rivalisant avec le Basin Harbor Club. Un hangar à bateaux existait alors entre la marina et la plage; ses quais sont encore utilisés pour amarrer des bateaux ainsi que par les baigneurs. Le pavillon du Ballard Park (BB) sert comme lieu de concerts et de spectacles de théâtre organisés durant les mois d'été. Il possède la même architecture que le défunt hangar à bateaux du Westport Inn.

En tourée des superbes montagnes Adirondacks, la ville de Westport, située au bord du lac, portait autrefois le nom de Bessboro en l’honneur d’Elizabeth, fille du fondateur William Gilliland. La ville a été construite sur des terres accordées par le roi George III d'Angleterre. Si Gilliland s’était joint aux colons durant la Révolution, la ville porterait encore cette appellation. Les Français appelaient Westport « la baie du rocher fendu » ou « Split Rock » car c’était la première grande baie qu’ils auraient franchie après le passage de Split Rock. De leur côté, les Anglais, après avoir atteint cet endroit à la voile à partir de leur fief, Crown Point, l’avaient appelé « Northwest Bay » (DD). En 1815, le nom de Westport fut adopté, symbole de l’importance du lac pour ses résidents. Westport, l’endroit du lac Champlain où débutent les monts Adirondacks, fut autrefois un lien important pour les bateaux à vapeur et les diligences; par la suite, ce fut le cas pour les bateaux de plaisance et la compagnie Amtrak ou encore pour les agences de location de voitures et la gare ou l’aéroport.

Les Narrows
Le Westport Yacht Club et son restaurant Le Bistro du Lac.
Les Narrows
Réplique du Lois McClure, un schooner datant de 1862, restauré par le Musée maritime du Lac Champlain, ainsi que le remorqueur Churchill à la Marina de Westport.

Remerciements

Le guide d’interprétation « Les Narrows », a été rédigé à l’intention des plaisanciers par Dee Carroll, Lane Carroll et le capitaine Heather Cameron, en collaboration avec Bob Carroll, les capitaines Jim et Larry Carroll et plusieurs autres personnes connaissant bien la région dont Glenn Morris et l’historien Bruce Phillips. Merci à Marge Brochac pour les références sur les autochtones, au capitaine Bob Gosson pour les photos, à George Davis pour la révision, à Virginie Westbrook, coordonnatrice au Champlain Valley Heritage Network pour la rédaction de l’introduction et la révision des textes, à Jim Brangan, coordonnateur au Cultural Heritage and Recreation Champlain Basin Program pour la révision et ses conseils techniques, ainsi qu’à Cordelia Sand, directrice exécutive de la BRASS (Boquet River Association) pour ses conseils techniques. Merci également à Arthur Cohn, fondateur du Musée maritime du Lac Champlain et directeur du Marine Research Institute ainsi qu’au Dr Patricia Manley, géologue au Middlebury College du Vermont, pour leurs précieux conseils. Autres sources consultées : Lake Champlain Lighthouses, publié par la Clinton County Historical Society et illustré par Sid Couchey d'Essex; Westport Walking Tour, publié par la Chambre de commerce de Westport; Ticonderoga: Lake Champlain Steamboat, par Richard R. Strum; et Bessboro, par Caroline Halstead Royce, publié en 1902.

Les coûts de production ont été assumés en partie par The Honey Bee Community Fund of Westport, Newman E. Wait III, et le Lake Champlain Basin Program: EPA Grant X7-971055501-0 de la New England Interstate Water Pollution Control Commission, qui a également fourni les services de conception de ce document.

Mentions de sources : Photo de la page couverture : Robert Lyons; photo de la page 12 : John Gereau; illustration de Champ : Sid Couchey; toutes les autres photos : Dee Carroll. Publication et mise en page : New England Interstate Water Pollution Control Commission; traduction : Jacques Lemay (Français Plus) pour le magazine Québec Yachting.